Federico Chingotto en plein swing sur un terrain de padel, vêtu de son maillot Alpine F1, sous les lumières des projecteurs
Signature manuscrite de Federico Chingotto

Federico Chingotto

Joueur de padel professionnel

5–7 min de lecture  |  27 mai 2026

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La force du mental

Il y a une version de Federico Chingotto que le monde a appris à connaître. Le joueur explosif, maître du côté droit du terrain. Le défenseur infatigable. L'un des meilleurs au monde. Mais son histoire commence ailleurs : à 3h du matin, sur un parking en Argentine, attendant le début d'un tournoi.

Origines

Federico Chingotto a grandi à Olavarría, une ville de 100'000 habitants dans la province de Buenos Aires, où le padel n’était pas seulement un sport, mais un langage partagé. Ses parents jouaient. Son cousin jouait dans la rue devant la maison. À cinq ans, Fede avait déjà une raquette à la main. Il ne l’a plus jamais lâchée.

« Je l’ai dans le sang, dit-il. Je sens que c’est ma vie. Quand j’ai la tête trop pleine, aller m’entraîner me fait revivre. »

Enfant unique, Fede a grandi avec une leçon de vie transmise par ses parents et affichée sur la porte de sa chambre d’enfant : « Essaie toujours d’être le meilleur, mais ne crois jamais que tu l’es. » Une phrase qui ne l'a jamais quitté.

« Cette phrase m’a marqué. Elle me pousse chaque jour à aller plus loin. »

L'ascension

Le chemin depuis Olavarría jusqu’au sommet du padel mondial n’a pas été de tout repos. Il a fallu faire des sacrifices, et même parfois dormir dans la voiture.

Lorsque les finances étaient serrées, Fede et son partenaire de padel prenaient la route la veille du tournoi, passaient la nuit dans la voiture plutôt qu’à l’hôtel, puis se présentaient au réveil sur le terrain, prêts à jouer. « Je connais beaucoup de stations-service en Argentine », raconte-t-il, avec un mélange de fierté et d’incrédulité en repensant à cette époque.

Pour récolter des fonds et financer ses voyages, il jouait lors de rifas, ce que les espagnols appellent tómbolas. Les sponsors étaient rares et le prize money au niveau junior ne suffisait pas à couvrir les dépenses. Chaque tournoi était un véritable calcul et chaque mauvais résultat pouvait compromettre sa participation au suivant.

« Je savais que je n’avais droit qu’à un seul essai. Soit ça marchait, soit je retournais en Argentine et le padel resterait un simple hobby. Je ne pense pas qu’il existe de pression plus forte que celle de savoir que tout se joue sur une seule opportunité pour réaliser son rêve. »

En juillet 2016, lui et son partenaire décrochent une place qualificative pour un tournoi du circuit européen à Alicante. Ils ont deux jours pour s’entraîner. Ils passent les pré-qualifications, puis les qualifications, et se retrouvent en huitièmes de finale face à Paquito Navarro et Sanyo Gutiérrez, alors classés 12es mondiaux.

« C’étaient nos idoles. On avait regardé leurs matchs sur nos téléphones. Ils nous ont battus 6-0, 6-1 en 45 minutes. Mais en entrant sur le court central, entourés de cette foule, mon cœur était rempli de joie. Pour nous, atteindre les huitièmes de finale après être passés par les préqualifications était déjà une récompense. »

Trois prises de vue de Federico Chingotto sur le court — en plein swing sous les lumières des projecteurs, vue de dos avec son maillot d'entraînement Eight Sleep, et au milieu d'un échange pendant un match

Le déclic

Pendant huit ans, Fede a concouru au plus haut niveau sans décrocher de titre. Pas par manque d’efforts. Pas par manque de talent. Il atteignait les finales… puis elles lui échappaient. Avec le recul, il comprend aujourd’hui que la différence se jouait presque entièrement dans sa tête.

« Un jour, tu as le déclic. Tu te sens plus sûr. Quand tu arrives en finale, tu es un peu plus calme. Tu ne réalises pas vraiment ce qui se passe pendant que ça arrive, mais quelque chose a changé. »

Le coup de fil providentiel arrive alors qu’il est en route pour se faire couper les cheveux.

Alejandro Galán, ancien numéro 1 mondial et quintuple champion du monde, l’appelle pour lui proposer un partenariat. « Je sortais de chez le coiffeur et je suis resté figé. Je ne m’y attendais pas. Bien sûr, c’était mon idée à la base. J’étais convaincu qu’on pourrait faire de grandes choses ensemble. Mais en l’entendant de sa bouche, j’ai été stupéfait. »

Leur première année ensemble : 15 finales consécutives. Cinq titres. Le déclic était là.

Federico Chingotto assis pour un portrait d'interview, portant un t-shirt blanc sur fond de studio uni

La veille

Fede dispute plus de 90 matches officiels par an. Ses semaines vont du lundi au samedi, deux séances par jour: préparation physique le matin, padel l'après-midi. Sept à huit heures d'entraînement, tous les jours.

À ce rythme, le sommeil n’est pas un luxe. C’est un facteur de performance.

« La qualité compte plus que la quantité. Parfois, tu dors neuf ou dix heures et tu ne te sens toujours pas reposé. Je l’ai vu dans mes données : les phases de sommeil profond, la façon dont ta nuit se déroule, c’est ce qui fait la différence. »

La veille d’une finale, l’anxiété se manifeste d’une manière bien particulière. « J’ai faim et je mange par nervosité. Maintenant, je me connais : je sors les fruits pour ne pas me jeter sur le chocolat. »

Il éteint les écrans. Il a deux rituels pour déconnecter. Le premier : des vidéos de pêche. Un homme équipé d’une GoPro, debout au bord de l’eau, qui attend patiemment. « Je suis hyperactif. Nerveux. Et d’une certaine manière, en regardant quelqu’un pêcher, je deviens complètement immobile. Je peux imaginer que je suis là, à ses côtés. Ça m’emmène ailleurs. »

Le second : Dragon Ball. Un épisode ou deux. Ensuite, c'est dodo.

« À haut niveau, le sport est presque entièrement mental. Même la façon de rebondir après une défaite est une question de mental. Tu peux avoir une semaine de congé, mais si ton esprit ne s’est pas arrêté, c’est comme si tu ne t'étais pas reposé du tout. »

Federico Chingotto examine ses données de sommeil sur une tablette, avec des recommandations personnalisées d'Eight Sleep indiquant les meilleurs moments de la journée pour se concentrer et s'entraîner.

La récupération, une discipline à part entière

Il y a deux ou trois ans, Fede ne dormait pas bien. Hyperactif de nature, son esprit continuait de tourner à plein régime, même dans le noir. Il gardait son téléphone à portée de main et se couchait tard. Pour compenser le manque de sommeil accumulé, il faisait de longues siestes afin de récupérer des nuits précédentes.

« J’étais constamment stimulé par tout, sans même m’en rendre compte. Je n’arrivais pas à me reposer. Puis quelqu’un m’a ouvert la voie : couper les écrans, utiliser une lumière rouge le soir, toutes ces choses qui aident à se détendre. Et quand tu essaies et que tu ressens une différence, tu commences à faire plus attention. »

Aujourd’hui, sa récupération est parfaitement structurée. Après chaque match : un appel à la famille, une douche, puis une séance avec le kiné, idéalement avant le dîner. Pas d’exception. « Pendant ce temps, c’est comme si le match n’avait jamais eu lieu. Le corps se réinitialise. Et ensuite, direction le lit. »

Après un match qui se termine tard, parfois à 21 ou 22 heures, l’adrénaline ne se dissipe pas avant 2 ou 3 heures du matin. C’est là que le Pod d’Eight Sleep intervient. « En été, j’ai super chaud, alors je le règle sur froid, à -2. Ça te donne cette sensation de fraîcheur, quand tu as juste envie de t'envelopper encore plus. Je sens la différence dans ma récupération le lendemain matin. »

Le rêve

« Mon rêve est déjà en train de se réaliser. Je le vis au quotidien. Je peux aider ma famille. Je voyage dans de bonnes conditions. J’ai tout ce qu’il me faut pour performer. Quand les choses vont mal, je repense aux nuits passées dans la voiture, aux rifas, à ce pari fou... et tout de suite, je suis reconnaissant. »

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